Participation sociale comme déterminant de la santé : comment véritablement l'intégrer aux actions de santé publique?

Auteures

Valérie Lemieux, Équipe Santé des adultes et des aînés (SAA), direction régionale de santé publique de Montréal, CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Ile-de-Montréal

Paule Lebel, Équipe Santé des adultes et des aînés (SAA), direction régionale de santé publique de Montréal, CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Ile-de-Montréal

Michèle Stanton-Jean, Centre de recherche en droit public, Faculté de droit, Université de Montréal

Résumé de l'atelier

Le programme national de santé publique 2015-2025 accorde peu d’attention à l’enjeu de la participation sociale et de l’isolement des aînés, malgré les changements démographiques en cours et l’impact du fonctionnement social sur la santé. La présentation visait donc à susciter des réflexions sur la participation sociale comme déterminant de la santé, et à explorer les leviers pouvant permettre aux acteurs de santé publique de l’intégrer dans leurs actions.

Accompagnées d’une aînée-partenaire, deux chercheures ont animé une conversation publique dans laquelle elles présentaient les résultats d’une recherche participative réalisée avec des aîné(e)s montréalais(es). À travers 11 groupes de discussions menés à travers l’île de Montréal et réunissant de 6 à 14 participants, les chercheurs ont exploré le parcours de participation sociale des aînés, plus précisément :

  • comment elle se vit;
  • comment elle change de forme selon le milieu et le contexte de vie;
  • comment elle contribue à l’épanouissement et à la santé, malgré l’avancement en âge;
  • comment elle doit être soutenue par des transformations sociales et environnementales.

Un cadre d’analyse de la participation sociale – intégrant des facteurs individuels prédisposants, des facteurs structurels et des services passerelles rendant possible les différentes formes de participation sociale – a été présenté.

Ce cadre d’analyse s’articule autour d’une typologie  de la participation sociale adaptée des travaux de Raymond et ses collaborateurs (2008) sur les modes d’intervention en participation sociale. Les adaptations avaient pour but de refléter ce qui était observé dans les communautés montréalaises. Le travail rémunéré a été ajouté au mode « bénévolat », et une catégorie a été ajoutée pour inclure les activités sociales informelles avec les proches et le voisinage. Cette typologie ajustée établit six formes de participation sociale : 1) relations sociales avec la famille, les amis ou le voisinage; 2) activités individuelles dans un contexte social de groupe; 3) activités de groupe avec un but partagé/commun; 4) activités de travail ou de bénévolat; 5) activités d’engagement; 6) influence sociale.

Le cadre d’analyse illustre que la participation sociale est influencée d’une part par des facteurs individuels prédisposants : facteurs sociodémographiques, personnels, de santé, et événements ou transitions importantes que peuvent vivre les aînés. D’autre part, des facilitateurs ou obstacles structurels, c’est-à-dire propres aux milieux de vie et aux communautés, rendent possible la participation (enabling) par le biais de facteurs liés à l’organisation des services (institutionnels, communautaires, culturels, etc.), à l’environnement économique et physique, et aux dynamiques sociales. Enfin, des services passerelles (transports, technologies de l’information et des communications, et médiation sociale) constituent des vecteurs par lesquels la participation sociale s’avère plus ou moins facile.

La présentation a en outre permis une discussion avec l’auditoire autour des leviers de mobilisation en vue d’intervenir dans une perspective de promotion de la santé et de lutte contre les iniquités en matière de participation sociale chez les aînés.

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