Participation sociale et habitats

Résumé des présentations

Les 6 finalités de la participation sociale : expériences terrain, réflexions et recommandations pour la pratique

Sylvie Chassé, Action-Habitation de Québec; Agathe Allaire, Un Toit en Réserve, corporation membre d’Action-Habitation

Avec la précieuse collaboration de Émilie Raymond, Université Laval

Objectifs poursuivis

À partir du rapport de recherche rédigé par Émilie Raymond et ses collègues (2012), intitulé Participation sociale des aînés : la parole aux aînés et aux intervenants, nous vous proposons de partager les difficultés rencontrées sur le terrain par rapport à la réalisation des finalités de la participation sociale, tout en explorant des pistes de solutions.

Les finalités de la participation sociale sont :

  • Prendre du pouvoir dans les décisions qui nous concernent;
  • Partager des savoirs;
  • Aider et s’entraider;
  • S’impliquer dans un projet collectif;
  • Vivre des activités plaisantes en groupe;
  • Voir du monde et entrer en relation.

Les milieux d’intervention

Les milieux sont majoritairement des corporations à but non lucratif dédiées à des personnes âgées situées principalement dans le secteur de Limoilou, dont la majorité des résidents sont des femmes seules à faible revenu.

Le contexte d’intervention

L’intervenante se déplace d’un milieu à l’autre. Elle n’a pas pignon sur rue à temps plein dans une résidence en particulier. Elle accompagne les résidents de plusieurs milieux d’intervention selon leurs besoins.

Les difficultés rencontrées

  • Les résidents ne sont pas nécessairement enclins à exercer leur pouvoir démocratique.
  • L’absence de liens de confiance avec les administrateurs et de modalités de consultation et d’information pour les enjeux qui les concernent ne motive pas leur implication.
  • Les comités de loisirs freinent parfois l’empowerment des autres résidents et la délégation des responsabilités.
  • Les occasions de partager des savoirs, des connaissances et des talents ne sont pas fréquentes.
  • L’entraide et le soutien dans un contexte de réciprocité sont plutôt informels; il est difficile de les encadrer en raison de la crainte d’engagement.
  • Les résidents ont une vision autarcique dans leurs milieux. La peur de l’étranger est bien présente.
  • La mobilisation pour la mise en place de projets collectifs est souvent problématique. Il est difficile de cibler les projets qui ont du sens pour les résidents.
  • La tendance à rester dans leur zone de confort quant au choix des activités peut faire obstacle à l’innovation.
  • L’expérience de vivre des activités plaisantes en groupe n’est pas vécue de la même façon pour tous : certains ont une personnalité solitaire, d’autres des activités et des réseaux extérieurs à la résidence, un climat malsain peut être vécu dans un milieu, ou encore, une programmation d’activités peut ne pas répondre aux goûts et intérêts.
  • Le fait d’être entouré d’autres personnes ne signifie pas pour autant la création de nouveaux liens sociaux significatifs. Ce phénomène fait référence à la solitude émotionnelle plus présente chez les femmes veuves qui sont majoritaires dans nos milieux. La perte, notamment du conjoint et des proches, en est la cause.

Recommandations

  • Implanter une structure d’intégration des nouveaux résidents (par exemple par le biais du parrainage).
  • Mettre en place des canaux de communication entre le conseil d’administration et les résidents.
  • Assouplir la structure d’organisation des activités, donnant une plus grande place à tous pour les réaliser.
  • Valoriser les forces et aptitudes des résidents en les sensibilisant aux bienfaits qu’ils peuvent apporter à la collectivité.
  • Sensibiliser les résidents à une plus grande tolérance aux pertes d’autonomie en aménageant des adaptations pour eux.
  • Favoriser le réseautage avec les organismes du milieu pour collaborer à l’organisation d’autres types d’activités
  • Sensibiliser les résidents aux bienfaits du voisinage et des bons côtés d’être à côté, selon une expression employée dans le cadre de la démarche Voisins solidaires, pour amoindrir les impacts des pertes d’autonomie.
  • L’intervenant doit avoir une approche individualisée et des interventions flexibles en s’ajustant constamment aux particularités du milieu.
  • Susciter chez les résidents le réflexe d’aborder une démarche de résolution de conflits. Avoir recours au besoin à des organismes externes de médiation.

Le mot de la fin

La participation sociale ne va pas de soi. Elle soulève plusieurs défis, d’où l’importance que les milieux de la recherche et de l’intervention demeurent en lien.

Le réseautage des intervenants impliqués dans l’atteinte des finalités de la participation sociale faciliterait le partage d’outils d’intervention.

Il ne suffit pas de loger des personnes dans un immeuble pour que l’atteinte des finalités surgisse par magie.


Empowerment des locataires en HLM

François Roberge, Office municipal d’habitation de Lévis (OMH Lévis)

Dans son plan stratégique 2016-2018, l'OMH Lévis entend se positionner comme une référence dans le réseau de l’habitation sociale et communautaire au Québec pour « l’empowerment » de ses locataires qui, de plus en plus, prennent conscience de leur capacité d'agir et d’exercer un pouvoir sur leurs conditions sociales, économiques, politiques ou écologiques.

Pour actualiser cette vision, l’OMH Lévis prendra appui sur les principes énoncés dans un texte paru en février 2014 sous la plume de M. Paul Morin, professeur à l’École de travail social de l’Université de Sherbrooke, dans un livre ayant pour titre Focus sur le logement public (Février 2014.)

Autre point d’appui, l’affirmation faite par Morin, Dansereau et Nadeau (1990), selon laquelle « la participation des locataires est l'une des idées les plus valorisées dans le milieu de la gestion du logement social et communautaire ».

Depuis 2002, au Québec, la participation des locataires est encouragée par le gouvernement provincial qui reconnait les associations de locataires. De plus, l’OMH Lévis a l'obligation légale d’inclure deux locataires au conseil d'administration de l’établissement, de mettre sur pied un comité consultatif de résidents (CCR) et des comités ad hoc pour permettre une consultation régulière des locataires « sur toutes les questions qui les touchent » (FLHLMQ, 2014; SHQ, 2005).

La participation des locataires est financée directement et indirectement par le gouvernement québécois par l’octroi d’un budget annuel de fonctionnement de l’Association des locataires à raison de 17$ par logement, lequel est spécifié dans le budget de l’OMH. À ce montant, s’ajoute une somme de15$ par logement pour la mise sur pied d'activités sociales à laquelle s’additionne un montant de 22$ par logement pour les activités de soutien communautaire.

De plus, des programmes comme le PAICS (Programme d'aide à l'initiative communautaire et sociale1998 à 2010) et ID2EM (Initiative de développement durable, d'entraide et de mobilisation 2011 à aujourd'hui) ont été mis en place pour la création de projets sollicitant la participation des locataires (FLHLMQ, 2014). Ces deux derniers programmes s'inscrivent en vertu de la Loi sur la Société d'habitation du Québec qui suggère aux OH de « mettre en œuvre toute activité à caractère social et communautaire favorisant le mieux-être de sa clientèle » (Gouvernement du Québec, 2014).

À l’OMH Lévis, la participation des locataires est fortement encouragée, car elle apparaît comme une solution privilégiée aux problèmes qui touchent de plus en plus la qualité de vie de la clientèle qui y réside tels la détérioration du parc de logements, le vieillissement ou la dépendance accrue de certaines clientèles, les tensions sociales et raciales, le vandalisme, les problèmes d'entretien et les loyers impayés pour en mentionner quelques-uns.

En outre, l’OMH Lévis croit fermement que l’implication des locataires fait en sorte d’améliorer leur satisfaction de leur logement et de leur qualité de vie, leur accorde un pouvoir d'influence sur leur milieu de vie et leurs droits, soutient les initiatives d’amélioration de leur « vivre ensemble » et de leur capital social et favorise leur développement personnel tout en facilitant leur intégration sociale.

Ainsi l’OMH Lévis entend mettre en place et soutenir des initiatives qui favoriseront une participation de plus en plus importante de ses locataires dans la vie de l’organisation, notamment en favorisant une meilleure communication entre eux et le personnel et les gestionnaires, en les soutenant dans l’identification et l’actualisation de moyens qui leur conféreront un pouvoir réel dans l’organisation, en les considérant non pas seulement comme des locataires, mais comme des citoyens responsables et autonomes.


Présentation de la participation des aînés dans les coopératives de solidarité en habitation

Sandra Turgeon, Fédération des coopératives d'habitation de Québec, Chaudière Appalaches (FÉCHAQC)

En tant que directrice générale de la FÉCHAQC, je rencontre des gens qui vivent dans des coopératives d'habitation et qui s'impliquent dans les différents comités (CA, comité de sélection, comité d'entretien, etc.). Ceux-ci prennent une part active dans la vie associative de leur coopérative et développent un milieu de vie chaleureux et stimulant. J'ai présenté comment se passe la participation sociale dans les coopératives de solidarité en habitation de la FÉCHAQC.

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